
Chers amis des mots,
On se retrouve comme promis pour une approche plus micro sur une thématique liée à mon entreprise (et à ma vie d’autrice) : le marketing.
De l’écriture à la publication
Bien avant d’entrer dans le bain glacé de l’édition en 2022, je me suis énormément sensibilisée à ce sujet. En suivant des auteur·ice·s expérimentés, j’ai appris, entre autres, que je devais rester vigilante, sur la question des contrats d’édition. Ce que je n’ai en revanche, pas pu apprendre sans le vivre pour ensuite accepter, c’est l’hypocrisie déguisée derrière la loi.
À cause de plusieurs facteurs, je me suis donné la mission de me surinvestir dans la promotion de mon premier roman et à faire plus de travail que nécessaire. J’ai parlé de ces mésaventures dans cet épisode de podcast sans entrer dans le détail et sans citer de noms. Une chose est sûre : ça m’a servi de leçon.
De la publication à la communication
À l’époque, je refusais de voir mes livres comme mon activité principale, et donc comme un apport financier ; on restait sur le domaine du loisir, du plaisir d’écrire, de rencontrer mes lecteur·ice·s… Je ne m’attendais dès lors pas une ambiance lourde durant mes deux longues années sous contrat (il a été signé en 2020, le livre est sorti en 2022). Je me suis retrouvée à faire le job de toute une équipe pour que mon livre se vende.
Ainsi, j’ai appris comment fonctionnait la publication en termes logistique (dans l’optique de récupérer mes droits), tout en me formant sur la communication au sens large. Renforçant ma présence sur Instagram, j’ai aussi pu intégrer le GAHeLiG, dont les membres m’ont énormément aidée en me proposant de les suivre en salons. J’ai aussi fait appel aux services de plusieurs professionnels du domaine de la communication pour créer un lien avec ma communauté, poster régulièrement, parler du bouquin sans répit.
Les Inséparables doit avoisiner aujourd’hui les 480 ventes et frise les 520 lecteur·ice·s (j’en ai offert beaucoup et trop xD). Ce n’est qu’avec le recul que je peux dire être fière de son parcours, malgré les conflits et les embûches. J’ai appris à aimer ce roman une nouvelle fois en me reconnectant à tout ce qu’il m’a appris et permis en termes de rencontres. ♥
De la communication à l’entreprise
Je me suis rendue compte que fonder une entreprise est une toute autre démarche, notamment en discutant avec des éditeur·ice·s en galère et en observant la crise économique que le monde du livre traverse. La culture se dirige vers le luxe ou disparaît, les grands avalent les petits, et ceux du milieu nagent jusqu’à l’épuisement ; la passion ne suffit plus d’aucun côté. En ce sens, j’ai ressenti de la compassion pour celleux que je blâmais, et particulièrement pour celleux qui tentent de tenir leurs promesses afin d’éviter que le bateau coule.
En récupérant mes droits, je me suis frottée aux obligations de l’autrice indépendante que je devenais. J’ai alors découvert ma responsabilité de faire ma promo moi-même pour vendre (ce que je faisais déjà), mais aussi tout ce que cela impliquait en termes financier, d’apprentissages et émotionnels. Je me suis lancée dans la sortie de Corps de l’âme – Pas de veine pour toi en 2023 et dans mon premier financement participatif, dont la réussite m’a encouragée à poursuivre sur cette voie… mais en y laissant quelques plumes.
Alors encore salariée à 60%, et en parallèle de tout cela, j’ai traversé une tempête au niveau personnel et plus particulièrement au niveau de ma santé. Après une dégradation nette de mon état, le diagnostic est tombé : endométriose sévère et opération en vue pour juin 2023 (j’en ferai d’autres articles).
Cette maladie et ce qu’elle m’a imposé moralement ou physiquement m’a fait reconsidérer toute ma vie en faisant, d’ailleurs, bourgeonner un besoin de liberté très intense. Par une envie de me détacher d’une institution maltraitante, par une envie de faire ce je veux avec mon écriture, par une envie de m’éloigner des gens toxiques, je me suis encore imposé d’apprendre des choses . J’ai choisi le chemin du risque en envisageant autre chose : l’entrepreneuriat.
C’est ainsi que j’ai couvé et que j’ai mise au monde Littera’Louve. Ainsi que je pensais être préparée à un nouvel univers cruel. En vérité, ce que que je ne savais pas, c’est que je le connaissais déjà.
De l’entreprise au marketing
Je voulais construire une entreprise qui fonctionne sur la durée, dans le but de ne pas charger mes livres d’une pression financière. Pour cela, démarrer sur les chapeaux de roues n’était pas la bonne solution (et très éloigné de ma nature). Alors, j’ai tout préparé. Podcasts, livres, newsletters, témoignages, coaching, administratif. Surtout, je me suis penchée sur les messages et les impondérables du marketing, ce vilain mot que beaucoup redoutent. Et j’ai fait le triste constat que je n’échappais pas à la règle…
Aujourd’hui, j’ai beau savoir absolument tout ce que je dois faire pour vendre, certains éléments me dérangent et me freinent à 100%. 2024 a été une année difficile pour beaucoup d’indépendant·e·s (à Genève, en tout cas), spécialement dans les domaines du loisir et des soins et je sais, bien sûr, que je n’en suis pas responsable. Néanmoins, j’ai aussi conscience qu’il y a des choses que j’aurais dû faire et qui ne sont toujours pas en place à ce jour. J’aurais peut-être eu 2, 5, 15, 20 ventes en plus. Mais à présent je me demande : à quoi bon ?
Je m’accorde les mois de novembre et décembre 2024 pour analyser tout ce que j’ai pu accomplir cette année, avec le peu de client·e·s que j’ai eu·e·s. Oui, j’ai appris sur le marketing. Oui, j’ai appris à vendre et à gérer tout l’administratif qui en découle. Or, j’ai aussi compris, déjà au mois de juin 2024, que je n’aimais pas ça. Il m’a fallu 6 autres mois pour l’intégrer, l’accepter enfin. Il me faudra peut-être encore 6 mois pour en faire quelque chose, car nous sommes bien malgré moi dans une société marchande.
Ce qui est certain, par contre, c’est que je peux utiliser tout ce que j’ai intégré pour 2025. C’est donc avec grand plaisir que je vous donne rendez-vous l’année prochaine pour voir ce que deviendra Littera’Louve avec toutes ses fleurs écloses sous l’impulsion de la sincérité.
Dites-moi ce que vous pensez de ce cinquième article sur le bilan de mon premier semestre d’indépendante. Et aussi si vous attendez d’autres éléments pour ce type de contenu. 😉
À bientôt entre nos lignes. ♥
