[Endométriose] Intégrer et accepter mon endométriose dans le processus d’écriture

Tous les articles liés à celui-ci :
–> Introduction à la série d’articles sur l’endométriose
–> Symptômes courants de l’endométriose
–> Mon témoignage et mon parcours avec l’endométriose et l’adénomyose

Chers amis des mots,

Nous voilà au dernier article de cette série, en cette journée mondiale de lutte contre l’endométriose. Ce fut un mois intense de mon côté, mais je suis heureuse d’avoir éveillé les consciences ou les témoignages. Merci infiniment pour vos messages et commentaires sur les réseaux sociaux. ♥

Avant de commencer, je précise que cet article fait mention de plusieurs méthodes qui m’ont aidée à apaiser l’inflammation. Néanmoins, chaque personne atteinte est différente, cela pourrait donc ne pas fonctionner pour vous. D’ailleurs, ces consultations et autres astuces ne m’ont pas permis de guérir ou d’éliminer mes symptômes, puisque j’ai dû me faire opérer en juin 2023.
Aussi, bien que je sois genevoise et que le système de santé correspondant soit ma référence, j’ai dû prendre en charge la majorité des frais inhérents aux traitements prescrits. J’ai en effet tablé sur des méthodes naturelles, que mon assurance maladie ne prenait pas en compte ou pas en totalité.
J’ai conscience d’être privilégiée en étant une femme blanche, valide, suissesse et avec une réserve financière suffisante à ce moment-là. Je vous prie de considérer mes éventuelles maladresses comme telles et non comme une volonté de nuire à une ou plusieurs minorités.

Écrire envers et contre tout ?

Écrire a toujours été ma raison d’être, un élément de mon existence indispensable pour respirer. Pendant des années, j’ai fonctionné sans m’observer vraiment, juste en constatant que les saisons avaient un effet créatif ou plus introspectif selon les moments. Je me suis calée là-dessus, de 2019 à 2023, au fil de mon inspiration.

J’écris Les Inséparables entre 2017 et 2019, et reçois des réponses positives en 2020. La publication reportée à mai 2022. En attendant, en 2020 et en plein COVID, j’écris Corps de l’âme – Pas de veine pour toi et m’occupe d’une première passe de corrections éditoriales en 2021. 2022 arrive, mon premier roman sort, et je prépare l’auto-édition du deuxième tapuscrit avec énormément de pression.

En parallèle, je m’en mets davantage : je n’ai rien écrit en 2021 (prise par des conflits avec mon éditrice). Écrire me manque terriblement, il me faut un manuscrit, il me faut du souffle. Printemps 2023, la sortie approche. Dans ma liste de 27 projets, j’en choisis un tout récent dans mon esprit. Le premier jet de Pattes froides, Cœur chaud commence en mars. Et c’est laborieux… très laborieux.

J’ai le sentiment que cette sortie de zone de confort (genre et narration différents) me freine dans ma créativité. La fatigue et les douleurs devenues chroniques sans que je m’en aperçoive m’empêchent également d’être à 100% disponible. En plus, je prépare en parallèle (encore) le crowdfunding de Corps de l’âme – Pas de veine pour toi.

La pression ne me permet d’écrire que 25’000 mots en deux mois, soit bien moins qu’un quart de l’histoire. Je me perds. Je remets aussi en question mes capacités : « Est-ce que j’ai écrit ce que je devais écrire et basta ? » Non, je sais que Chiara a encore des choses à raconter, que son histoire d’amour la réparera, et moi avec. Il me faut juste du temps.

Je finis par laisser ce manuscrit de côté jusqu’en juillet ; deuxième respiration d’écriture. C’est un véritable déchirement d’attendre jusque-là… Je respire comme je le peux, en pleine canicule précoce… Puis, d’un coup, le flow revient. Ça y est, je la retrouve, ma douce, ma chère Écriture. Celle qui me fait vibrer. Je ne peux plus m’arrêter.

35’000 mots plus tard, je suis heureuse d’avoir donné vie à ce roman, épanouie d’avoir eu de belles idées en cours de rédaction, ravie d’avoir dépassé ces freins qui m’empêchaient d’avancer. Je décide de m’occuper de la relecture immédiatement, mais j’attends septembre pour l’envoyer en bêta-lecture… et début octobre pour soumettre le manuscrit à des concours.

Un tout petit espoir de le voir édité en maison m’habite, mais après plusieurs discussions et deux refus, je me dis qu’il sera tout aussi bien en auto-édition. Je passe en revue le chemin parcouru avec mon premier roman, le succès du deuxième. Puis, le stress arrive. Immense au boulot, immense dans ce cadre, et l’angoisse, finalement, d’envisager l’endométriose comme mon avenir.

Mes crises digestives s’intensifient en automne 2022, pour devenir ingérable au printemps 2023. Je pense que je ne pourrai pas écrire, et c’est vrai, je n’écris pas concrètement. Tout se dérègle, mon flow n’arrive plus au printemps, il se transpose à l’automne, après ce tsunami et ce rétablissement dont je vous ai déjà parlé. Pourtant, j’écris dans mon esprit. J’ai des idées et des envies.

Je prends conscience et j’accepte que l’écriture ne partira jamais. Il n’y a que le temps qui file, Elle attend juste de pouvoir reprendre sa place quand le moment sera venu.

En revanche, j’oublie quelqu’un dans l’équation et c’est le protagoniste de l’histoire que je suis en train de vivre. Mon corps, ce grand oublié.

Revenir à lui, revenir à nous : mon corps et moi

C’est durant ma convalescence en juin et juillet 2023 que je remarque enfin mon corps. Je me trouve bizarre de n’avoir jamais remarqué à quel point il se remet bien, à quel point il me sert au quotidien, à quel point, sans lui, je ne suis rien.

Pour la première fois de ma vie, je prends le temps. Le temps d’observer mon évolution, le temps d’aimer mes proches et le soleil sur ma peau, le temps de le voir guérir. Le temps aussi de m’entourer pour favoriser la cicatrisation interne, externe, spirituelle. Et j’ai envie de partager avec vous aujourd’hui comment j’ai procédé pour en apprécier le processus et les bienfaits.

La nutrithérapie – Pour une santé globale améliorée

J’en parlais ici : j’ai commencé à m’alimenter de manière anti-inflammatoire plusieurs mois avant mon opération. À ce titre, j’ai consulté Noémie Darlix, une jeune professionnelle passionnée. Elle a pu me détailler mon profil, analyser ce dont j’avais besoin, pour me prescrire des traitements naturels et utiles. Impossible de vous faire la liste de tout ce que j’ai pris, mais je peux vous dire que ça comprenait :

  • Des crèmes pour ma peau interminablement sèche
  • Un mélange d’huiles essentielles pour les crampes
  • Des compléments alimentaires pour les oligo-éléments, les vitamines, et mon fer
  • Des teintures mères pour réguler mon cycle
  • Des recommandations sur des menus anti-inflammatoires
  • Des recommandations sur une activité physique adaptée
  • Des cures pour remettre mon système digestif sur pieds
  • La découverte de la cohérence cardiaque

Grâce à elle, j’ai perdu 7kg sans jamais me priver de quoi que ce soit et sur une durée longue. Ce n’était pas du surpoids, mais c’était 7kg d’inflammation, de douleurs, de mal-être.

Aujourd’hui, je continue à la voir car, comme dit dans mon article, tout n’est pas réglé. Mais je suis convaincue que son accompagnement a favorisé mon rétablissement.

Le Yin Yoga – Pour un système nerveux apaisé

J’ai découvert Peggy Favez sur son compte Instagram, puis sur son site (merci ma chère Nathalia ♥). J’avais déjà fait du Yoga traditionnel et j’avais vite arrêté, car c’était un exercice très contraignant pour mon corps et mon esprit. Voyant qu’on pouvait faire les séances de Peggy à domicile, je me suis lancée. Et je crois que c’est la chose que je regretterai le moins sur mon lit de mort.

Je vous promets que je n’exagère pas. Tous les jours, je suis heureuse d’avoir pu me mettre au Yin Yoga de Peggy, parce que je me suis découvert une patience INFINIE. Il m’a fallu une séance toutes les deux semaines pour comprendre que, guidée, je pouvais rester 1h15 immobile. Une séance toutes les deux semaines pour sentir mon corps travailler sans le moindre effort.

Petit à petit, la fréquence a augmenté, et je me suis inscrite à ses programmes d’été, puis à son abonnement mensuel actuel. Tout simplement parce que c’était un bonheur de m’installer en tailleur, de reconnaître les postures, de bailler et de pleurer sans comprendre pourquoi. C’était un bonheur de lâcher prise, de laisser mon corps se régénérer, et de lui permettre de s’exprimer.

Peggy accompagne des femmes atteintes d’endométriose depuis des années, elle propose des cours, des séances, des coachings, des livres de recettes. Et au-delà de ce qu’elle propose, j’aimerais souligner ce qu’elle est : une personne altruiste, qui sait écouter les douleurs même à travers un écran. Une personne magnifique qui fait tellement de bien… Elle m’a appris que le Yin est :

  • Un moyen d’apaiser les tensions physiques et émotionnelles
  • Un support pour soulager des douleurs chroniques (endométriose, douleurs menstruelles)
  • Un espace pour reconnecter avec son corps et son cycle
  • Une approche complémentaire à d’autres pratiques de bien-être (méditation, médecine chinoise)

Grâce à elle, j’ai traversé des deuils, j’ai reconnu et remercié mon ventre d’avoir soigné ce que j’étais, j’ai aussi apaisé mon système nerveux comme jamais je n’avais réussi à le faire seule.

Aujourd’hui, je continue les séances car je suis là encore convaincue que son accompagnement a favorisé mon rétablissement.

La thérapie individuelle et holistique – Pour un bien-être total

J’ai rencontré la fondatrice de Bio Bubble en vrai lors d’un Festival puis d’un marché. On s’est d’abord trouvées en tant que copines, en tant que sœurcières, puis dans une collaboration d’écriture autour du Tarot. Naturellement, elle est devenue mon amie, puis ma thérapeute. Parce que mon ange gardienne en orthobionomy commence à être âgée, j’ai glissé vers Rasha.

En deux séances, j’ai pu régler un problème non-résolu durant 15 longues années. En trois, j’ai pu creuser si profondément en moi que des liens se sont tissés entre mon enfance, mes vies précédentes, ce que l’on m’a dit, et toute la somatisation de mon corps. Une vie entière pour rencontrer cette âme, seulement quelques discussions pour ouvrir de nouvelles portes.

Rasha se forme sans cesse et met en place un accompagnement holistique, qui tient compte de tous les aspects d’une personne. Là-bas, je me sens accueillie, écoutée, traitée avec égard. Surtout, j’apprends à le faire à mon tour, avec toute cette bienveillance partagée et en pleine autonomie. Bien sûr, cela prend du temps. L’éclosion des fleurs aussi… continuons à trouver la lenteur normale.

Rasha utilise plusieurs techniques pour accompagner les personnes sur plein de plans différents :

  • L’aromathérapie (hydrolats, huiles essentielles, etc.)
  • Les Fleurs de Bach (que j’utilisais déjà à certaines occasions)
  • Le tapping
  • La désensibilisation des traumatismes par mouvements alternatifs
  • Le test musculaire
  • Le décodage biologique
  • Le Reiki et le magnétisme

Grâce à elle, j’ai appris à faire connaissance avec moi-même et j’ai pu mieux traverser certaines épreuves, notamment des ruptures amicales assez violentes. Sans forcément mettre des mots sur mes maux, en laissant parler mon corps, je suis (re)devenue ce que j’étais. Et bon sang, ce que ça fait du bien de se transformer en soi pour la première fois.

Aujourd’hui, je continue à la voir, car guérir, c’est un long processus. Mon corps continue d’exprimer des douleurs, de porter des fardeaux, et je sais que consulter est la meilleure façon de le soutenir dans cette démarche. On forme une vraie équipe !

Quel rapport avec l’écriture ?

Vous allez me dire… Eh bien, c’est un lien subtile, qui ne se voit pas toujours. Comme l’endométriose.

En prenant la mesure de mon corps, j’ai pris conscience de mes cycles. Particulièrement, j’ai compris que ces derniers étaient peut-être un mécanisme pour m’aider à traverser mes problèmes de santé, puisque depuis que je vais mieux, je peux écrire à peu près n’importe quand.

Dans ces périodes où je dors moins bien, où je mange n’importe comment (et particulièrement beaucoup de fromage), où mon système nerveux est en vrac, et où mon corps peine à s’exprimer autrement qu’avec des symptômes, je sens mon écriture vaciller.

Elle vivote, chuchote, menace de disparaître, comme une amante qui chercherait son bonheur ailleurs. Dans ces instants fragiles, je me sens moi aussi sur un fil, prête à tout laisser tomber. Ce n’est que lorsque je prends du temps pour moi, pour mon mental, pour ma chair, que tout revient.

Dans cette conclusion un peu hasardeuse et pour clore cette série d’articles sur l’endométriose, j’aimerais vous inviter à vous observer, lorsque vous manquez d’inspiration ou d’impulsion. Comment se portent votre sommeil, votre digestion, votre fatigue, vos émotions ? Écoutez vos douleurs.

Surtout, dites-vous qu’écrire, ce n’est pas seulement un crayon sur une feuille ou des doigts sur un clavier. Écrire, c’est imaginer, projeter, vivre. Votre corps vous réclame cela tous les jours, alors offrez-lui ces nuits complètes, de bonnes choses, du repos, de la considération. Reconnaissez-le.

Et alors, vous verrez qu’il vous rendra au centuple des moments créatifs, des vagues de joie, des personnages riches, une histoire incontournable. Il faudra travailler pour, c’est sûr. Mais quand on a les bons outils pour le faire, tout va mieux, tout est fluide, tout est limpide.

Si vous aussi vous pensez que votre corps est votre allié, qu’il n’est jamais trop tard pour le comprendre, laissez un petit commentaire pour échanger sur le sujet. 🙏🏻

À bientôt entre nos lignes. ♥

Un avis sur « [Endométriose] Intégrer et accepter mon endométriose dans le processus d’écriture »

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