Soie – Alessandro Baricco

Chers amis des mots,

À la suite de ma première déception littéraire, j’ai lu « Soie » d’Alessandro Baricco (je le découvre avec ce roman). J’ai trouvé ce roman édité par Folio (2001) à la Fnac il y a une année de cela ; il est traduit par Françoise Brun. Je m’attendais à de la poésie, moi qui suis passionnée par le Japon et sa culture. Résultat : je me suis étranglée avec la douceur, l’amour et les regrets que la soie laisse derrière elle. Un beau coup de cœur. ♥

Bref synopsis personnel : C’est l’histoire de Hervé Joncour, qui part en 1860 au Japon en quête d’une solution pour faire vivre sa ville. Il y trouvera la poésie et le souvenir amère qu’elle peut laisser en bouche, quand elle est beaucoup trop belle.

Sujet/Résumé : Le résumé est efficace, plutôt commercial. Je regrette un peu qu’il veuille faire vendre, plutôt que donner envie de lire. Il joue néanmoins son rôle et vante l’auteur. 5/6

Narration : Dès les premières lignes, on est portés par un style très personnel, d’un autre temps, mais accessible et rythmé. La narration au passé n’entrave pas l’immersion. L’histoire va droit au but, explique les choses factuellement d’abord, avec des détails percutants ensuite. Très court (142 pages), le roman ressemble à une nouvelle dans le fond comme dans la forme. On sent pourtant les recherches de cet auteur et musicien italien, qui décrit la France et nous emmène au bout du monde en une seule partition. L’auteur joue avec des répétitions qui ont toute leur importance, sans alourdir le texte. Chaque dialogue est placé là puisqu’il est nécessaire. On a le cœur qui bat de tourner les pages : « Je ne veux pas que ça se termine », je me disais. Parce que c’est sévère et beau à la fois, comme le Japon. Aucune lenteur, ni même de précipitation… ou seulement celle, magnifique, des saisons qui passent. 6/6

Ambiance et Environnement : Le format court ne permet pas de très longues descriptions. Pourtant, celles choisies par l’auteur sont idéales. Elles nous montrent les portraits d’ambiance et d’environnement, tout en nous laissant imaginer par nous-mêmes. En prenant un léger recul, je ne suis pas certaine que les personnes connaissant mal le Japon puissent s’y retrouver. En effet, c’est parfois minimaliste. Le récit se veut également ainsi parce que les non-dits sont les maîtres mots du déroulement. Dans les silences, ont entend les émotions. J’ai réussi à rire à deux moments. J’ai refermé ce bouquin avec le sentiment que ma vie était changée, avec plein de questions et l’envie de retourner dans ce pays. Il m’a séduite, le bougre ! 5.5/6

Personnages : On connaît et on reconnaît les personnages très vite ; il n’y en a pas beaucoup. Ils se permettent tous d’exister, même ceux qu’on pourrait penser sans importance. Avec leurs caractères, qu’on peut parfois seulement voir par un trou de serrure, une simple étreinte devient amour, un départ annoncé devient émouvant en une phrase. Et puis, la couleur orange devient le bonheur, les oiseaux qui s’envolent deviennent mélancolie. Ils sont tous attachants dans leur émotivité, leurs envies, leurs craintes, leurs promesses. Je regrette de ne pas pouvoir les connaître encore mieux. Le temps passe trop vite… 5.5/6

Fin surprenante ? Elle est comme une caresse pleine d’épines : on ne l’attends pas, on l’apprécie d’abord, puis elle laisse plein de plaies sur le corps lorsqu’elle s’en va. 5/6

Moyenne : Un roman qui donne envie du Japon, qui questionne, qui demande le pardon, tout en remerciant l’erreur. Merveilleuse tragédie. 5.4/6

Aimeriez-vous découvrir ce livre ? Ou l’avez-vous déjà fait ? Racontez-moi. Et à bientôt ! 😉

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