Correspondance – Amélie-Adélaide Antoine

Chers amis des mots,

Instagram permet de si belles rencontres. L’une des dernières en date est Amélie-Adélaïde Antoine, une jeune femme pétillante, bienveillante et passionnée d’écriture. J’ai ressenti tout ça dans son dévouement à m’envoyer son bouquin depuis la Belgique, mais aussi entre les lignes de « Correspondance », son premier roman auto-édité.

Bref synopsis personnel : C’est l’histoire de Hadlie et Alexiel, deux jeunes gens qui cherchent à s’écrire car le monde ne parle plus. Il ne fait d’ailleurs que crier et leurs mots, à tous les deux, lui apportent la douceur qui lui manque. Ensemble, ils parlent de leurs difficultés, de leurs craintes, pour aller vers l’avenir. Et on a envie d’y aller avec eux.

Mots couchés dans mon carnet : Je me retrouve bien dans les correspondances du début, qui n’ont finalement pas de suite. Tous ces gens qu’on rencontre et qu’on oublie…

Les personnalités d’Alexiel et Hadlie ressortent dès les premières lignes. Les barrières tombent vite, tout en maintenant une distance. Les questionnements sur la société sont intéressants, ce monde qui nous rend méfiants.

La pointe d’humour et l’émotion qui interviennent quand Alexiel parle de la langue française. ♥ Je me sens très proche de Hadlie, de ses angoisses, de son rapport à l’écriture. Et j’aime les réactions d’Alexiel. Je me sens aussi très proche de lui, de sa vision de la jeunesse, de son décalage avec les autres. Il parle d’une tristesse, d’une mélancolie marquante.
On découvre les protagonistes au fil de l’eau, c’est assez bien mis en scène. Leur études témoignent d’une contradiction (Alexiel est anxieux en Psychologie) et leurs convictions vont dans ce sens-là aussi (21 ans et ils n’aiment pas la technologie). Je trouve donc très appréciables qu’ils passent à l’écriture à la main. Petit à petit, ils se donnent des surnoms qui les rapprochent, partagent des avis sur à peu près tout. À travers leurs échanges, j’apprécie également en apprendre plus sur la Belgique, pays dans lequel des amis très chers habitent. Je ne savais pas qu’on disait aussi « souper » là-bas. 😊

L’histoire d’Alexiel avec les langues est fascinante et montre la passion, l’apprentissage. Son enthousiasme à aider Hadlie avec l’écriture est touchant. Et j’aime les petites touches rigolotes qui se glissent dans leurs courriers (comme le nom du « projet »).

Les pages 109 à 116 sont les plus touchantes, pour moi, et les plus primordiales : Alexiel ne s’adapte pas au capitalisme et je ressens sa douleur. Je trouve si doux la façon dont Hadlie le réconforte dans les pages suivantes. Cette idée qui revient : j’adorerais qu’ils finissent ensemble. :3

Un premier bémol juste après cela : je trouve Alexiel étrangement moins mature et masculin lorsqu’il parle de l’arrivée de son neveu ou lorsqu’il dérive vers sa sensibilité. Comme une régression un peu dommage. Je peux me raccrocher à Hadlie, de laquelle je me sens d’autant plus proche qu’elle est passionnée et souffrante envers l’écriture. Mais je transpose les mêmes sentiments envers la lecture. L’auteur arrive à nous faire comprendre la page blanche, même si on ne l’a jamais vécu.
Le second bémol est que les noms un peu trop originaux ont eu raison de mon immersion, parfois.
Un petit troisième : il y a ces moments où la narration est moins fluide, notamment lorsqu’Alexiel raconte les moments avec sa famille et où sont insérés des dialogues. Je trouve personnellement cela étrange dans un échange épistolaire.

Toutefois, « Correspondance » amène aussi des réflexions vitales sur la culpabilité d’écrire (écrire, c’est abandonner les autres ?). Je peux également créer des liens avec moi : le fait d’écrire une lettre à sa mère pour ouvrir le dialogue ou bien d’être malheureuse pour écrire (doit-on forcément l’être ?). Puis il y a ce moment que j’ai adoré lorsque Hadlie rencontre l’un de ses personnages, explique à Alexiel comment ses idées arrivent et la guident.

Résumé : 6/6
Narration :
5/6
Ambiance/Environnement :
4.5/6
Personnages :
5/6
Fin :
5/6
Moyenne :
5.1/6

C’est un livre à lire pour redéfinir la jeunesse, son rapport au monde et s’imprégner de réflexions actuelles, réalistes… douces. Ce roman transpire la tendresse. Loin de la niaiserie, il aborde des thèmes primordiaux (écriture, rapport à l’autre, rapport à soi, affrontement de ses peurs, jeunesse, capitalisme) sous un format épistolaire et soigné. Contactez l’auteur, elle est adorable !

Vous ai-je donné envie de lire « Correspondance » ? Appréciez-vous les ouvrages en échange de lettres/courriels ? Avez-vous lu ce livre ? Si non, foncez.

À très bientôt entre nos lignes. ♥

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